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Auteur

Laurence Neuer

Publié le

2 Avr. 2021

Le Point

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Avocats – L’art de joindre le droit au bien commun

Publié le

2 Avr. 2021

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De la terre à la ville, comment les robes noires accompagnent la transition écologique. Passage en revue des innovations.

Accompagner la transition agricole. Fort de son expertise en droit du numérique et de ses combats contre les pratiques abusives dans ce secteur, Jérôme Giusti a décidé de se mettre au service de ceux qui veulent sauver la planète. Son nouveau cabinet, Metalaw (« au-delà du droit »), s’appuie sur son laboratoire d’innovations juridiques, Metalab, pour imaginer des montages contractuels inédits à même d’accompagner la révolution verte. « Nous modélisons des projets alternatifs, par exemple, des circuits courts d’épargne citoyenne qui permettent d’intégrer le consommateur aux investissements dans la production agricole », explique-t-il. « On crée aussi des contrats de “coupe à la demande” pour la vente à distance dans la filière horticole. » 

L’avocat de demain s’inscrit dans un monde plus sobre, plus écologique et plus solidaire. « Il s’implique dans tout ce qui touche à l’environnement, à la biodiversité ou à la santé de façon à conjuguer la pratique du droit et l’envie de participer au bien commun », décrypte Pascale Honorat, directrice de l’Observatoire du Conseil national des barreaux. La sécurité sanitaire et alimentaire est ainsi devenue le quotidien de Nathalie Goutaland. Son ancienne vie d’inspectrice des services vétérinaires lui en a fait découvrir les coulisses, et lui a ouvert les yeux sur les « anomalies majeures » des services d’hygiène. « Il y avait une place à prendre en tant qu’avocate dans cette spécialité ». Elle conseille désormais plusieurs acteurs des métiers de bouche. « Un traiteur doit savoir recenser dans une recette les dangers chimiques, microbiologiques et physiques pour quantifier les risques, c’est-à-dire la probabilité d’apparition de symptômes et éviter les sanctions. C’est une démarche intellectuelle qui nécessite des connaissances scientifiques », précise l’avocate. Pour attirer ses confrères dans cette discipline récente, elle a créé le réseau AvocAlim, qui les forme à cette matière.

« Ce réseau a aussi une vocation sociétale : répondre à la demande de plus en plus forte de consommer des aliments produits localement. A cet effet, nous aidons les producteurs à privilégier l’approvisionnement local en levant certains obstacles règlementaires. » 

Lien social

Les avocats tissent aussi leur toile dans l’environnement urbain et accompagnent les nouveaux modes d’habitat que la crise du Covid-19 a développés. « La pandémie a accru le besoin de lien social. Les étudiants et les jeunes actifs ne veulent plus être isolés dans des petites surfaces parfois insalubres et trop onéreuses. La tendance est à la mutualisation des espaces, à l’envie de vivre davantage en communauté », observe Valentine Gros. Avec son associée Laetitia Bô, elle a, fin 2020, ouvert le cabinet Urban Act Avocats, qui se consacre aux pratiques urbaines émergentes comme l’habitat partagé ou participatif (le « coliving »). 

« Les sociétés innovantes du secteur sont confrontées à des vides juridiques. Nous participons à la création d’un droit adapté à ces nouveaux usages », assurent ces juristes qui ont élu domicile chez Avocap, un espace mutualisé pour les avocats. « Cela correspond à l’identité du cabinet. » 

L’avocat des années 2020 se voit aussi comme un écocitoyen. Il s’agit, pour la nouvelle génération, de donner du sens à son métier. Cette « raison d’être » initiée par la Loi Pacte, Claisse & Associés est le premier cabinet à l’avoir inscrite dans ses statuts. Ce spécialiste de droit public dispose d’un écosystème unique privilégiant le travail nomade, les achats responsables et l’écologie numérique. « Nous utilisons Ecosia, un moteur de recherche moins consommateur d’énergie qui s’est engagé à reverser une partie de ses bénéfices à un projet de reboisement de la planète. Nous avons aussi banni les listes de diffusion qui polluent les boîtes mails ainsi que nos esprits », détaille Yves Claisse§