REPORTAGE. L’argent et les enfants sont les deux exutoires principaux des conflits liés aux séparations qui atterrissent sur le bureau de la juge Anne Tixeire.
«Dans ce métier, on est sans arrêt exposé, on porte la souffrance des autres en permanence. » Anne Tixeire est juge aux affaires familiales (JAF) au tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence depuis quatre ans. Dépositaire institutionnelle des dégâts collatéraux liés aux séparations difficiles. Ici, dans cette simple pièce tenant lieu de salle d’audience, les couples, souvent accompagnés de leurs avocats, se succèdent, déversant tristesse, colère, amertume ou haine.
Faute de s’être exprimées au moment de la séparation, ces passions tristes alimentent le conflit qui s’ensuit, avec ses deux invariables exutoires : l’argent et les enfants. Soupçonner son ex d’insolvabilité organisée est un grand classique. « Les personnes ont tendance à imaginer que leur ex-conjoint vit plus aisément qu’il n’en a l’air, que les revenus déclarés sont bien en deçà du train de vie réel. Cela tient en partie à une particularité locale, le travail au noir, très répandu dans la région. Mais ces accusations relèvent souvent du fantasme », décrypte Anne Tixeire.
« Un mariage coûte beaucoup plus cher qu’un vélo électrique » !
Assis de part et d’autre de la grande table ovale, ils n’échangent même pas un regard. Il a saisi le juge au sujet de la pension de 160 euros par mois et par enfant qu’il paye depuis deux ans. Il demande à en être déchargé. Mieux, il souhaite que cette pension soit intégralement versée par la mère de leurs deux jeunes adolescents qu’ils accueillent en résidence alternée. « En principe, lorsque les enfants résident chez leurs deux parents, le juge ne prévoit une pension qu’en cas de grande disparité entre leurs revenus ou lorsqu’ils ne s’entendent pas sur le partage des frais des enfants, ce qui est le cas dans cette affaire », explique la juge. Celle-ci avait mis la pension à la charge du père, car la mère s’acquittait des frais de scolarité des enfants alors que le père ne participait à rien malgré de confortables revenus professionnels et fonciers. Or, affirme l’avocate de ce dernier, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « Les revenus de mon client ont été divisés par deux depuis le jugement de séparation, il ne gagne plus que 1 000 euros par mois et après paiement de son loyer il est en rouge à la banque. » En revanche, souligne-t-elle avec insistance, « la situation de Madame s’est nettement améliorée depuis qu’elle a un nouveau conjoint ! Elle a à présent des revenus conséquents ! »
Tel n’est pas le cœur du débat, réfute sa consœur adverse, pointant la stratégie de dissimulation des revenus de « Monsieur ». « Il fait l’écureuil sur sa situation financière. Il tente d’échapper à sa contribution à l’entretien des enfants depuis le départ. C’est pour payer le moins possible qu’il a demandé la résidence alternée. Les enfants, il n’en a rien à faire ! » s’exclame-t-elle. « On ne sait toujours pas combien il a perçu après la rupture de son contrat de travail, il ne déclare pas ses revenus fonciers, il fait état de charges fictives […] Je demande qu’il communique sa déclaration de revenus 2018 et ses bulletins de salaire 2019, et qu’il justifie des bilans de sa société et de sa situation bancaire, car ce qu’il déclare n’est pas conforme à ce qu’il perçoit. Je le soupçonne de mettre en réserve et ne rien distribuer, c’est la meilleure manière d’organiser son insolvabilité. En plus, il truque ses revenus en déclarant une assurance tous les deux ans », assène l’avocate. Et de dégainer le détail qui tue : « Comment, avec ses 1 000 euros, arrive-t-il à aller régulièrement voir sa famille en Espagne et à acquérir un vélo électrique à 1 500 euros ? » « Un mariage coûte beaucoup plus cher qu’un vélo électrique ! » relève sa consœur.
Se sentir utile
Comment, dans cet empilement d’allégations, extraire une vérité ? « L’important n’est pas de dire ce qui est juste, mais de démontrer un élément nouveau venant obérer les capacités financières du débiteur de la pension. Or, aucun élément ne vient confirmer que sa situation financière s’est réellement dégradée, note Anne Tixeire. Il ne fait preuve d’aucune transparence et nous n’avons, contrairement au juge d’instruction, aucun moyen d’investigation pour aller fouiller dans ses comptes en banque. Il est impossible de savoir s’il se distribue un salaire puisqu’il ne communique pas ses pièces. » En outre, ajoute-t-elle, « plusieurs indices montrent qu’il a conservé un bon train de vie. Dans la mesure où il ne participe pas aux frais d’éducation de ses enfants, rien ne justifie de supprimer sa pension et de la mettre à la charge de madame », tranchera-t-elle trois semaines plus tard.
Cantonner le JAF à ce rôle d’arbitre du conflit entre deux adultes qui se chamaillent sur de banales questions d’argent serait réducteur. D’autant que, reconnaît Anne Tixeire, « dans ce type d’affaires, on peut s’interroger : est-ce normal d’avoir recours au juge ? La légitimité de notre intervention peut même nous mettre mal à l’aise ». La magistrate éprouve en revanche un véritable « sentiment d’utilité sociale » lorsqu’elle aide les couples désunis à y voir plus clair à propos de leur responsabilité parentale.
« Il ne cesse de m’envoyer des messages : Maman tu me manques »
C’est le cas dans cette affaire où Grégoire*, 15 ans, est devenu l’« otage » du conflit interminable de ses parents. Cela fait 13 ans que ces derniers se battent autour de la résidence de leur fils unique, suivi par le juge des enfants (JDE). « Les parents n’ont pas fait le deuil et l’enfant est broyé par le conflit de ses parents, ça a commencé quand il avait 2 ans… Quand on lit les rapports éducatifs, on se rend compte à quel point le conflit des parents a été désastreux pour le bon développement de l’enfant. Il est au bord de la rupture scolaire. Ce type de séparation pathologique très grave est un fléau de notre société », commente Anne Tixeire. Dans cette affaire comme dans beaucoup d’autres, le climat conflictuel rend impossible une résidence alternée. « Les tensions familiales sont telles que l’enfant a développé des blocages psychiques majeurs. Il est très renfermé sur lui-même. Depuis qu’il est placé chez son père, il semble être plus apaisé, mais ce n’est pas forcément la meilleure solution », observe la juge. Va-t-elle consolider cette situation – mise en place par le JDE – comme le souhaite le père qui l’a saisie à cet effet ? « Je suis baignée de l’intérêt de l’enfant, c’est la seule chose que je vois. Ici, Grégoire est dans un déchirement à l’idée de choisir »…
Pour son père, au chômage, « tout se passe très bien avec son fils ». La mère est persuadée du contraire. « J’ai un tas d’absences et de retards à l’école depuis que mon fils est chez son père. Et il ne cesse de m’envoyer des messages Maman tu me manques, sanglote-t-elle. C’est aussi ce que Grégoire a confié à la JAF qui l’a entendu la veille, après lui « avoir tiré les vers du nez ».
– Vous voulez la résidence alternée ? lui demande la juge
– Oui, une semaine sur 2.
– Qui est la victime d’après vous dans ce dossier ? sonde la magistrate
– C’est notre fils…
– C’est incroyable de ne pas faire le deuil de votre conflit au bout de tant d’années ! Avez-vous tenté la médiation familiale ?
– Oui, mais son père n’a jamais été présent…
– Si vos relations ne s’améliorent pas, le suivi avec le JDE va se poursuivre, prévient la juge. Et c’est un placement dans une institution ou dans une famille d’accueil qui vous pend au nez. Je l’ai vu hier, il n’est pas bien dans sa peau votre fils.
La JAF confirmera la résidence chez le père et enjoindra aux parents de rencontrer un médiateur familial. « Ils sont obligés d’assister à l’entretien préalable d’information à la médiation, mais la loi ne prévoit aucune sanction s’ils ne le font pas. » Son intervention a-t-elle fait avancer la réflexion ? « Ça fait 13 ans qu’ils n’ont pas compris, ça se terminera quand l’enfant sera majeur, et encore… Son état psychologique actuel laisse augurer d’un adulte très fragilisé… » déplore-t-elle.
« Mon fils a refusé mon cadeau d’anniversaire »
Assistés de leurs avocats, ces parents de deux enfants de 9 et 11 ans font grise mine. Le dernier jugement statuant sur la résidence des enfants l’a fixée chez leur mère et a accordé à leur père un droit de visite restreint d’un week-end par mois. Ce dernier doit aussi verser une pension de 250 euros par mois et par enfant. « Les enfants n’ont aucune pathologie ni trouble de la personnalité, mais ils sont très attachés à leur mère », précise d’emblée la juge.
L’avocat de la mère, un vieux routier des conflits familiaux à en juger aux manches râpées de sa robe avachie, attaque tout net : « Monsieur ne respecte pas le jugement : il ne vient pas au domicile de Madame pour exercer son droit de visite et d’hébergement, cela se passe sur le parking de l’école, ce qui crée un problème pour les enfants. Il repart après avoir passé un moment avec eux… La dernière fois, il a fait venir un huissier pour constater qu’il exerçait son droit de visite, les enfants ont pris peur et se sont mis à pleurer. Après cela, on vient reprocher à Madame de ne pas laisser leur père exercer son droit de visite ! Or c’est lui qui ne l’exerce pas ! » Et de solliciter un droit de visite médiatisé, une fois par mois, dans les locaux d’une association aixoise, « parce que ma cliente estime que les enfants ont besoin de leur mère ET de leur père », justifie-t-il. Un père, souligne encore l’avocat, qui a périodiquement des défaillances dans le règlement de la pension et… tendance à « donner des fessées à ses enfants ».
Sans surprise, sa consœur adverse développe une lecture radicalement différente du dossier. « Madame prétend qu’elle permet à Monsieur d’exercer son droit de visite, or mon client habite à 3 heures d’Aix, et s’il arrive en retard, elle n’ouvre pas la porte ! Depuis 2017, Monsieur est privé de ses enfants, ce qui explique la dégradation des relations avec eux. » En réalité, résume l’avocate, « Madame manipule ses enfants, elle les implique dans le conflit parental et s’emploie à détruire intégralement les relations avec leur père […] La preuve, les mots des enfants ne sont pas leurs mots mais les mots de Madame. » Quant au reproche des « fessées », il n’a pas lieu d’être s’agissant de leur père. « Oui il donne des fessées à ses enfants et il a dit qu’il le referait. » Elle précise que son client accepte la médiatisation du droit de visite, mais pas dans n’importe quelles conditions. « Ce n’est pas en voyant leur père une demi-heure par mois que les liens vont se reconstruire. » Il faut au contraire permettre une reprise en douceur des relations en fixant le droit de visite à deux fois par mois pendant 6 mois, puis à la moitié des vacances scolaires et un week-end sur deux « comme le prévoyait le jugement initial ». Et, détail budgétaire qui a son importance, elle ajoute : « Mon client accepte de prendre en charge les frais d’essence de madame pour qu’elle accompagne leurs enfants à Montélimar. » À cet effet, la juriste demande à la juge d’ordonner ce nouveau mode d’organisation « sous astreinte, car il est urgent de rétablir le lien père/enfants ». Une demande inconcevable selon la juge. « Je ne me vois pas demain faire exécuter de force ce type de chose… En pratique, on ne le fait jamais. Si Madame ne présente pas l’enfant, c’est une infraction pénale et il y a une procédure pour cela. »
« La situation est délétère pour les enfants qui n’ont aucun recul par rapport au discours de la mère »
La juge donne la parole au père. « Au début, les enfants acceptaient de me voir, mais peu à peu, ils m’ont donné l’impression que je les prenais de force. À la fin, ils n’ont plus voulu monter dans ma voiture […] Mon fils est sur la réserve, il a refusé mon cadeau d’anniversaire, ma fille ne me parle plus, ils me servent un discours qui leur a été inculqué. Comment regagner ce lien perdu ? » dit-il timidement. Et pourtant, assure-t-il, ses enfants n’ont pas de quoi s’ennuyer lorsqu’ils sont avec lui : « Je leur fais faire du sport : ski, randonnée, course à pied, vélo, etc. et avec moi, il y a très peu de télé. »
La mère qui, depuis le début de l’audience, consigne méticuleusement dans un cahier le verbatim de cette audience, assure que leur père ne vient jamais récupérer ses enfants et que ces derniers ont peur de recevoir des fessées.
« En réalité, elle n’a rien à lui reprocher de grave, mais ça bloque depuis deux ans. La situation est délétère pour les enfants qui n’ont aucun recul par rapport au discours de la mère. C’est fou d’en arriver au droit de visite médiatisé ! » regrette la juge. Cette formule sera mise en place pendant six mois et se poursuivra par un droit de visite classique donnant au père le droit de prendre ses enfants une fin de semaine par mois et une partie des vacances scolaires.
« Ma cliente a eu les jambes criblées de balle »
« C’est un dossier lourd », annonce l’avocate de la jeune femme un peu apprêtée qui fait face à la juge. Celle-ci est séparée du père de leurs deux enfants depuis deux ans. Sur le papier, tout se passe parfaitement bien, ou presque… L’enquête sociale décrit une excellente mère et un père aimant. Mais elle relève des dysfonctionnements dans la famille du père, représenté par son avocat. « Nous sommes dans la communauté gitane, avec un père qui vit avec sa famille, et c’est la même chose pour la mère. Dans cette communauté, les femmes éduquent les enfants et les papas travaillent et ramènent l’argent. L’autre particularité de ce dossier est que le jeune garçon de 8 ans est autiste, ce qui nécessite un suivi particulier. Il doit avoir un cadre de vie très stable, sa mère c’est son repère. »
Le couple s’est séparé lorsque la famille paternelle a appris que la mère avait un amant, raconte la juriste. Sens de l’honneur oblige, ce dernier a un jour reçu une balle dans le ventre. « Ce jour-là, ma cliente a eu les jambes criblées de balles, elle a été hospitalisée plusieurs mois. L’auteur des coups de feu, l’oncle des enfants, vient de sortir de détention. Ce n’est pas fait pour me rassurer ! » ajoute-t-elle. Et de rappeler que la mère travaille à mi-temps pour éviter de dépendre financièrement du père, et qu’elle a fait le choix de ne pas demander de contribution à son ex. « Le problème n’est pas le père, mais la mainmise de la famille paternelle », redoute la juriste, qui demande la confirmation du jugement ayant, à titre provisoire, fixé la résidence chez la mère avec un droit de visite du père les week-ends et une partie des vacances scolaires.
« C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! » s’exclame l’avocat du père, les manches de sa robe retroussées jusqu’aux épaules et la bavette de travers. « C’est la passion amoureuse qui fait qu’elle a quitté Monsieur pour aller avec quelqu’un d’autre. Dans la culture gitane, quand on quitte son ex, il faut s’attendre à des représailles. Mais ici, la violence est de part et d’autre. Les enfants sont en danger dans la famille maternelle. Ils vivent avec leur grand-mère qui a des problèmes d’alcool. Dans ce logement, il y a beaucoup d’animaux, des chiens et des poules, ce qui n’est pas idéal pour les enfants. Pour finir, poursuit l’avocat, l’amant de Madame a été condamné à deux ans ferme pour cambriolage. Ce n’est pas le modèle idéal d’image paternelle ! Problèmes sanitaires, une grand-mère alcoolique, un amant délinquant… tout cela est inadapté aux enfants. » L’avocat sollicite du juge une contre-enquête sociale qui viendrait à démontrer ses dires.
« Il veut obtenir la garde des enfants alors que ça se passe bien pour eux. Madame a des horaires compatibles avec l’emploi du temps des enfants. Les autistes ont besoin de repères fixes, sachant que l’on sépare rarement les fratries », analyse la magistrate, qui rejettera la demande du père de transférer la résidence des enfants chez lui.
« Heureusement, je n’ai pas d’autres enfants, car… j’aurais fait pareil »
Dernier dossier de la matinée, un père accusé d’attouchements sexuels. « Caroline*, 16 ans, a déclaré avoir subi des attouchements pendant que vous exerciez votre droit de visite. Elle a dit ce n’est plus mon père à mes yeux. Elle m’a dit qu’elle n’a pas envie de vous voir », dit la juge à cet homme prostré devant elle.
« Je ne nie pas ce que vous dites, mais je n’en ai aucun souvenir, je n’ai pas ça dans mon cerveau », répond l’homme dont les yeux se remplissent de larmes. Il doit comparaître quelques jours plus tard à l’audience correctionnelle pour une série d’attouchements et d’agressions sexuelles sur ses propres filles et sur d’autres enfants. Il a reconnu les faits pour deux de ses trois filles, mais n’a toujours pas pris conscience de l’ampleur des dégâts et des conséquences psychologiques et physiques de ses actes.
Face à ce pitoyable tableau, l’avocate de la mère reste sobre. « Elles subissent ça toutes les trois, ses gestes inadmissibles suivent à chaque fois le même mode opératoire. » Elle demande une pension alimentaire de 250 euros pour Caroline. « Les deux autres enfants sont assumés par leur mère », précise-t-elle. Elle insiste sur l’importance d’accorder à la mère l’autorité parentale exclusive.
« Cela veut dire que Madame prend seule les décisions importantes sans avoir à vous consulter et que votre droit de visite est suspendu pour le moment », explique la juge au père. Il est d’accord. Et semble même soulagé par cette décision qui fixera par ailleurs sa pension à 250 euros pour Caroline. « Heureusement, je n’ai pas d’autres enfants, car… j’aurais fait pareil », dit-il en sanglotant.
« On y laisse quelque chose de soi »
Le rideau se ferme sur l’audience. Il est un peu plus de 13 h 30 et le soleil d’automne encore chaud inonde les terrasses de café. « À chaque fois, on y laisse quelque chose de soi… » confie Anne Tixeire en déposant les dossiers sur son bureau. Cette jeune mère de famille est, malgré ces difficultés, très investie dans cette fonction peu convoitée par ses collègues. « On peut vite craquer, c’est un contentieux de masse dans lequel on peut souvent se sentir inutile », admet la juge qui, outre sa fonction de JAF, siège périodiquement en correctionnelle, aux assises et en référés, mais aussi forme les magistrats et auditeurs de justice en matière familiale et supervise les médiations familiales sur le ressort de la cour d’appel d’Aix.
La résolution amiable des conflits cohabite paradoxalement avec une plus grande conflictualisation des relations familiales. « Les avocats conseillent presque systématiquement aux parents de faire entendre les enfants par le juge, et l’on ne peut pas le leur refuser. Or, cela accentue le conflit de loyauté… Le nombre d’enfants qui sont en pleurs dans mon bureau, c’est affligeant… » soupire la magistrate, impuissante à changer le monde.
*Les prénoms ont été modifiés

